[Le] concert [de Tito Fernández] se déroule presque sans discours, puisque un concert de chanteur engagé n’est pas entièrement un meeting politique, mais n’est pas non plus trop éloigné de la réalité quotidienne que nous vivons actuellement. Enfin c’est une soirée de “répit” tout de même : nous ne déchargerons pas de vivres, nous n’assurerons pas de tour de surveillance à veiller sur les fabriques tenues par les camarades pour les protéger des attentats fascistes, si nombreux en ce moment, nous n’irons pas non plus dans des files d’attente pour se procurer de quoi vivre. La femme que j’aime se tient accrochée à mon bras. Ce n’est pas un engagement d’une grande force mais déjà un pas discret, la première manifestation publique de notre rapprochement intime. Je suis heureux et fier d’être à ses côtés. Car je ne suis ici non pas comme en représentation avec ma bourgeoise, porteuse d’héritiers et de bijoux qu’on arbore pour la montre, mais comme le compagnon d’une porteuse de projets, de rêves, d’actions sociales, de vraies, de profondes, et pas simplement du supplément d’âme et de la charité vaniteuse à la manière du catholicisme social. [1. I §16]

Ma Bande Sonore