19h50. Réglés comme des horloges suisses, les González du dessus célèbrent leur culte quotidien de l’abrutissement de masse en regardant « Simplemente María » sur Canal 9. En bons prosélytes, ils essayent de convertir les autres en leur fournissant le son, dans l’espoir, sans doute, qu’ils n’en puissent plus de frustration et s’achètent comme eux une machine à vous figer dans le sofa d’où ils pourront suivre aussi en images les aventures trépidantes de cette gentille gourde attendrissante débarquée dans la capitale.

Je devrais aller leur faire manger leur appareil de malheur pièce par pièce mais ayant gardé de la France l’idée qu’on ne badine pas avec la gastronomie, je décide d’opter pour une technique qui pourrait très bien faire ses preuves : la contre-nuisance. Et pour cela je vais opposer à leur faible María un très couillu Electric Ladyland de Jimi Hendrix, importé exprès pour moi des Etats-Unis par un ami amateur de sons organisés. C’est bien bruyant et sale, c’est parfait ! Un coup de “Voodoo Child” en première sommation et tant pis – ou tant mieux – si je ne peux continuer la pesante lecture de la Métaphysique des mœurs du plus grand briseur d’engeance à l’état liquide que la Germanie ait vu naître.

Ma Bande Sonore