— Je te préviens donc que ce n’est pas faute de prendre plaisir à discuter avec toi que je ne vais pas tarder à partir, mais parce que ce petit interlude ensoleillé n’est que le prélude à l’après-midi d’un fauve !

Et je me mets à lire à voix haute le texte – qui me dévorait avant que je ne le laisse pour saluer mon petit bourgeois – en dansant comme un mauvais disciple de Nijinski et comme on peut avec un livre en main qu’on est en train de lire, mais dans un plaisir dionysiaque parfait :

Je t’adore, courroux des vierges, ô délice
Farouche du sacré fardeau nu qui se glisse
Pour fuir ma lèvre en feu buvant, comme un éclair
Tressaille ! la frayeur secrète de la chair :
Des pieds de l’inhumaine au cœur de la timide
Que délaisse à la fois une innocence, humide
De larmes folles ou de moins tristes vapeurs.

Mallarmé, évidemment. Qui n’a pas reconnu la référence est un inculte. [1. III §4]

Ma Bande Sonore