L’orchestre lyrique de l’ORTF, dirigé par G. Sébastian, m’enchante, j’ai envie de chanter aussi “La ci darem la mano” lorsque vient le moment. D’ailleurs, je chantonne, puisque mon voisin de gauche me donne un petit coup dans les côtes pour me faire taire. Je me sens léger, gai, plein de vie, sans peur, sans avenir ni passé, suspendu à mon battement de cœur effréné et lorsque la dernière note de l’opéra s’estompe et que les applaudissements ravis prennent le relais, je me surprends à demander à Dieu, s’il existe, de sauver le monde pour ces instants-là de pur bonheur. Claudine (cela fait maintenant quelques heures que je suis avec elle, je peux bien vous la présenter) et moi, décidons d’aller marcher un peu dans le quartier, et puis, voyant que je suis pris d’un petit coup de fatigue et d’un bâillement, ostensible, elle m’invite à prendre chez elle le café que je viens de déclarer, comme ça sans y penser, avoir besoin pour me réveiller. La vie est belle, parfois, lors de ces instants fragiles de félicité.

Ma Bande Sonore

Photo d’entête par Sergio Martínez.