Mouvement d’Action Populaire Unitaire (MAPU)

Mouvement d’Action Populaire Unitaire (MAPU), a été créé le 19 mai 1969 d’une scission de l’opposition au Congrès national de la Démocratie chrétienne en mai 1969, alors que le démocrate-chrétien Eduardo Frei Montalva était au pouvoir. L’opposition de gauche démocrate-chrétienne, en particulier la jeunesse du parti, critiquait en effet ce qu’elle considérait comme une orientation pro-impérialiste et nord-américaine du gouvernement Frei Montalva.

De jeunes militants tels que Rodrigo Ambrosio, Rafael Agustín Gumucio, Óscar Guillermo Garretón, Alberto Jerez, Julio Silva Solar, Vicente Sota, Enrique Correa Ríos, Carlos Montes, Jacques Chonchol, José Miguel Insulza [1], Eduardo Aquevedo, Jaime Estévez, Eduardo Rojas, Tomás Moulian, Gonzalo Ojeda, Samuel Bello, Juan Ruz,Omar Jofré, Gladys Goede, etc., participèrent ainsi à la création du MAPU.

En 1970, celui-ci se joignit à la coalition électorale de l’Unité populaire (UP) qui soutenait la candidature du socialiste Salvador Allende, élu président. Mené par Rodrigo Ambrosio, qui décéda d’un accident en mai 1972, il participa au gouvernement Allende. Jacques Chonchol, qui avait retiré sa candidature lorsque le MAPU décida d’appuyer celle d’Allende, fut ainsi nommé ministre de l’Agriculture. Cette scission au sein de la DC, et ce au moins jusqu’à la création de la CODE courant 1972, tendait à prouver que la stratégie suivie par les socialistes et les communistes, refusant en 1970, avant les élections présidentielles, l’offre d’alliance faite par Tomic en faveur de la création d’une Unité Populaire entre modérés de la gauche et la DC, paraissait un choix gagnant.

Au cours de 1971, Allende et d’autres secteurs poussèrent la direction du MAPU à adopter une ligne davantage chrétienne révolutionnaire, plus proche de la théologie de la libération que du marxisme. Une délégation du parti, menée par Jaime Gazmuri et Eduardo Aquevedo, fut invitée à La Havane le 26 juillet 1971, où Fidel Castro lui-même les enjoint de ne pas adopter une ligne marxiste orthodoxe, alléguant l’existence d’autres partis marxistes et la nécessité de représenter la gauche chrétienne. Les dirigeants du MAPU rejetèrent cependant ce conseil, dont, notamment, Eduardo Aquevedo, très critique par ailleurs vis-à-vis de l’URSS.

Ainsi, lors du IIe Congrès du MAPU, en octobre 1972, la tendance d’Aquevedo et de Kalki Glauser l’emporta. Celle-ci défendait un marxisme indépendant, critique envers Moscou et davantage proche du mouvement des non-alignés, ce qui lui valut une certaine réprobation de la part du PCCh et du PS. Aquevedo demeura premier sous-secrétaire général, Óscar Guillermo Garretón étant élu secrétaire général du MAPU.

Vers la fin du gouvernement Allende, le MAPU se divisa, en mars 1973, en deux tendances : d’une part le MAPU proprement dit, marxiste-léniniste et dirigé par Óscar Guillermo Garretón et Eduardo Aquevedo, et d’autre part le MAPU Obrero Campesino (MAPU OC ou MOC, MAPU Ouvrier et Paysan), moins radical et plus proche du PCCh, dirigé par Jaime Gazmuri et Enrique Correa. Les deux tendances continuèrent à participer au gouvernement de l’Unité populaire (UP) , ainsi qu’aux élections générales de 1973, jusqu’au coup d’État du 11 septembre 1973.

  1. [1]ministre de la Concertación dans les années 1990 et élu secrétaire général de l’OEA en 2005

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