Alain Touraine (en 1973)

Alain Touraine a 48 ans, il est marié depuis 17 ans avec Adriana Arénas Pizarro, une dentiste de formation devenue « chercheuse », de « personnalité vivante, chaleureuse, pleine de vie »[1], mais surtout Chilienne, ce qui fait que le sociologue français de l’action sociale et des nouveaux mouvements sociaux se trouve comme, tous les étés (jusqu’en 1973) à Santiago du Chili de juillet à la fin septembre 1973. Le couple a deux enfants Philippe et Marisol, qui a alors 14 ans et part rapidement après les évènements alors que le père reste quelque temps sur place.

Rapide biographie

Alain Touraine est issu d’une famille relativement aisée. Son père, médecin, l’encourage dans la voie des études et des concours. Après un passage en khâgne à Louis-le-Grand, il entre à l’École normale supérieure en 1945. Deux ans plus tard, cherchant à fuir le monde clos de l’École normale, il part en voyage d’étude en Hongrie. Après un passage par la Yougoslavie, il s’établit à Valenciennes pour faire l’expérience de la vie de mineur (1947-48). Cet engagement marquera son œuvre et l’orientera vers une réflexion sur l’industrie, le travail et la conscience ouvrière.

La lecture du livre Les problèmes humains du machinisme industriel (1946) de Georges Friedmann et sa rencontre avec l’auteur le convainquent de terminer ses études. Il revient à l’École normale supérieure pour y passer son aggregation d’histoire, qu’il obtient en 1950. La même année, Georges Friedmann le fait entrer au CNRS, où il intègre le Centre d’études sociologique, dirigé par Friedmann et Georges Gurvitch. Il obtient une bourse de la fondation Rockefeller pour un séjour à Harvard en 1952, au cours duquel il côtoie Talcott Parsons et étoffe ses connaissances en sociologie. Son attachement à l’Amérique du Sud lui fournira matière à plusieurs importants projets de recherche. En 1958, il quitte le CNRS pour l’École des Hautes Etudes en Sciences Sociales. L’année suivante, il participe à la fondation de la revue Sociologie du travail.

En 1964, il soutient à la faculté des Lettres et Sciences humaines de Paris sa thèse de doctorat ès lettres, intitulée Sociologie de l’action. Sa thèse complémentaire sur La conscience ouvrière paraît en 1966. En 1973, il publie l’une de ses œuvres maîtresses, Production de la société, ainsi que Vie et mort du Chili populaire, son « journal sociologique » tenu entre juillet et septembre 1973.

  1. [1]« Marisol Touraine, du social à se faire », Libération du 09.09.2012

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