Archives de catégorie : Donjuanesqueries

Come Together des Beatles

« Pucón – Futrono ce n’est pas le plus long à faire : 175 km c’est deux fois la même cassette des Beatles, avec quelques répétitions des chansons que nous préférons, dont “Come Together” qui parle de notre « ensemble » à nous, ce duo à mille harmonies qui n’en font qu’une seule, belle, rayonnante, complice. On referait le chemin retour rien que pour continuer à chanter encore avec cette femme, même les Beach Boys, adversaires défaits de la bande à Lennon et McCartney, ou Elvis Presley, ou même Claude François. Enfin Claude François vraiment si elle est très gentille et qu’on est d’excellente humeur. C’est dur, cela dit, de ne pas l’être à ses côtés. On risque donc d’être gâteux.

J’aime en tout cas découvrir cette petite ville au pied du volcan, laisser mes souvenirs se charger d'[elle], de son parfum, de son rire, de la couleur de ses yeux, et associer dans des synesthésies impérissables cette ville avec cette femme, comme pour le reste du voyage. »

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La ci darem la mano extrait de Don Giovanni

« L’orchestre lyrique de l’ORTF, dirigé par G. Sébastian, m’enchante, j’ai envie de chanter aussi “La ci darem la mano” lorsque vient le moment. D’ailleurs, je chantonne, puisque mon voisin de gauche me donne un petit coup dans les côtes pour me faire taire. Je me sens léger, gai, plein de vie, sans peur, sans avenir ni passé, suspendu à mon battement de cœur effréné et lorsque la dernière note de l’opéra s’estompe et que les applaudissements ravis prennent le relais, je me surprends à demander à Dieu, s’il existe, de sauver le monde pour ces instants-là de pur bonheur. Claudine (cela fait maintenant quelques heures que je suis avec elle, je peux bien vous la présenter) et moi, décidons d’aller marcher un peu dans le quartier, et puis, voyant que je suis pris d’un petit coup de fatigue et d’un bâillement, ostensible, elle m’invite à prendre chez elle le café que je viens de déclarer, comme ça sans y penser, avoir besoin pour me réveiller. La vie est belle, parfois, lors de ces instants fragiles de félicité. »

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La Passion selon Saint Jean

« Mais je devinais son plaisir de retrouver mon attention insistante, flattée de sentir sa beauté touchée ainsi à distance par un désir qui s’affirmait comme tel. Nous avons lutté ainsi, avec quelques pauses – tout de même –, la musique de Johann Sebastian Bach (une messe, un requiem, une passion ?) nous ayant réunis, pendant une heure – une minute – une seconde en suspens. Après l’ivresse, je la retrouvai dans le hall de la salle de concert. Continuer la lecture de La Passion selon Saint Jean

Etre cette petite pluie d’or…

Danaé de Klimt
Danaé (1907) de Gustav Klimt

« Que j’aimerais épouser son corps, le rythme de l’ondulation de ses parures, un discret plaisir en suspens dans une atmosphère glacée sans que l’on souffre du froid, la fragilité d’une image sans consistance. Je voudrais passer une vie à poursuivre un mystère, à observer inlassablement les mouvements de mon désir, être cette petite pluie d’or qui vient humidifier les rêves de la Danaé de Klimt, une douce caresse qui saurait laisser à ma fleur tout son premier lustre, sentir sa chaleur à distance, nudité habillée, consommer sans user. Un effluve de doux rêves remonte en moi. Je ne peux m’empêcher de voir notre vie future comme une série d’épisodes de joie, pas une seule dispute, pas d’incompréhension, nous serions transparents l’un pour l’autre, notre vie commune tiendrait du miracle permanent, une création continuée dont nous serions en même temps que les auteurs les protagonistes principaux… »

(Un) Jésus (qui) n’y peut rien

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« A chaque fois que je lève les yeux devant le bâtiment de l’Université Catholique sur l’Alameda, et vois Jésus qui trône en haut de l’édifice, j’ai beau savoir qu’il a les bras à l’horizontal pour symboliser une croix, moi je ne peux m’empêcher de penser qu’en fait il est en train de hausser les épaules et de nous dire de tout son corps qu’il n’y peut rien. »

La vertu des femmes se trouve dans leur chemise

Chemin faisant, [Voltaire] raisonna sur le sentiment de la pudeur qui empêche de laisser voir les parties que dès l’enfance on nous a appris à tenir couvertes. Il dit que souvent cette pudeur pouvait dériver d’une vertu ; mais que cette vertu était encore plus faible que la force de l’éducation, puisqu’elle ne pouvait pas résister à l’attaque quand l’agresseur savait s’y prendre. Le plus facile de tous les moyens selon lui était celui de ne pas la supposer, de montrer de n’en faire aucun cas, et de la mettre en ridicule, il fallait la brusquer par l’exemple, sautant les barrières de la honte, et la victoire était sûre ; l’effronterie de l’attaquant faisait disparaître dans un instant la pudeur de l’attaqué.

Clément d’Alexandrie, me dit-il, savant et philo­sophe, dit que la pudeur qui paraît avoir une si forte racine dans l’esprit des femmes, ne se trouvait cepen­dant que dans leur chemise, car d’abord qu’on parve­nait à la leur faire ôter on n’en voyait plus pas même l’ombre.

Jacques Casanova de Seingalt, Histoire de ma vie (extraits), Gallimard, Folio, 1986, p. 253

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« Son visage comme une peinture de Modigliani retravaillée par Picasso »

« C’est son mystère qui me plaisait chez elle, et son visage comme une peinture de Modigliani retravaillée par Picasso »…

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Modigliani
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Picasso

Imaginons à quoi peut ressembler cette jeune fille attablée dans un bar…

Et puis, une fois terminée cette petite expérience de pensée, tu pourras te demander quel est ce site sur lequel tu es arrivé, en lisant la présentation !