Archives de catégorie : Carnet de recherche

Assassinat ? Le corps de Pablo Neruda va être exhumé

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La tombe de Pablo Neruda à Isla Negra

Suite aux déclarations de Manuel Araya, chauffeur du poète durant les derniers mois de sa vie qui affirmait en 2011[1] que des agents de la dictature militaire auraient profité du cancer de Neruda pour lui injecter du poison dans l’estomac à la clinique Santa Maria de Santiago du Chili, le corps de Pablo Neruda va être exhumé à des fins d’autopsie. C’est ce qu’a accordé à l’avocat du Parti Communiste chilien, Eduardo Contreras, le juge Mario Carroza.

Enterré auprès de sa troisième épouse, Matilde Urrutia, à Isla Negra, le corps du défunt officiellement décédé d’un cancer de la prostate le 23 septembre 1973, va revoir le jour dans la première quinzaine d’avril 2013.

Il faut aussi noter l’étrange absence du dossier clinique de Neruda à la clinique Santa Maria, malgré l’obligation à laquelle était tenue l’établissement, et le silence tenace de l’infirmière de Neruda à cette époque, Rosa Núñez[2]

Après Allende et Neruda, Frei ?

Une autre enquête en cours concerne les circonstances de la mort d’un autre opposant au régime Pinochet, l’ancien président Eduardo Frei Montalva (1964-1970), qui s’est éteint en 1982 après une opération bénigne.

  1. [1]Témoignage repris dans le livre de Francisco Marín, El doble asesinato de Neruda paru en 2012 au Chili
  2. [2]Amorós 2012, 22-23

Una vida por la legalidad de pseudo-Prats est un faux

Voici l’amère découverte que j’ai faite ce soir, en recoupant une information lue dans le Salvador Allende: El fin del mito de Víctor Farias [173[1]] : Una vida por la legalidad attribué à Carlos Prats [2], que je possède et pensais citer, n’est qu’un faux ordonné à Moscou par le Parti Communiste Chilien (Volodia Teitelboim) et exécuté par celui qui était alors le directeur du Siglo, Eduardo Labarca. Qui a tout avoué en 2005, comme on peut le lire sur son site personnel…

  1. [1] Farias cite  MARTINI María Isabel (de), « El otoño del Jerarca », Qué Pasa, n°196, Santiago, 2005, pp. 8-14]
  2. [2]Mexico, Fundo de cultura económica, 1976, 137 p.

Le prix d’un café en 1973 au Chili [résolu]

Afin de montrer très concrètement l’inflation qu’a connue le pays durant l’année 1973, j’aimerais donner, à différents mois d’intervalle, le prix du café en escudos… Où pourrais-je trouver ça ? Dans les journaux d’époque ? Quelqu’un aurait une idée ?

J’ai finalement trouvé dans la Prensa du 24/03/1973, un exemple de hausse de prix du café, au(x) café(s) Haïti [qui existe(ent) toujours] :
SAM_0682-petitCe qui va provoquer une petite rébellion de la part de Juan (1ère partie chap. IX)… « On a les combats qu’on veut ».

Cela dit, ce sera le prix des journaux, et notamment du Mercurio, qui serviront à montrer concrètement l’ampleur de l’inflation en 1973.

Un individu non-identifié dans la Bataille du Chili de Patricio Guzmán [résolu]

Question

Dans la 3ème partie, Le pouvoir au Chili, de la Bataille du Chili de Patricio Guzmán, le film termine par la présence d’un homme, que l’on voit à plusieurs reprises interviewer des travailleurs, au point qu’on puisse se demander s’il est le narrateur du documentaire (rôle dont Abilio Fernández est pourtant crédité). On le retrouve conférencier, probablement dans une mine de cuivre ou de salpêtre nationalisée :

Voici l’homme (1’13 »05 »’ du film)
Parti dans des explications macroéconomiques et macrosociologiques apparemment typiquement marxistes (1’12 »56 »)
En tout cas convaincu qu’il faut planifier et donner le plus grand pouvoir possible à l’Etat(1’14 »37 »’)
Et qui devient moins flamboyant, voire tout penaud lorsque arrive la première question concrète : « Et comment planifier étant donné la situation ? » (1’14 »48 »’)

Est-ce le réalisateur lui-même, Patricio Guzmán ? Personnellement en comparant avec cette photo de celui-ci, jeune (il avait 29 ans au début de la présidence d’Allende), je ne vois pas de ressemblance…

A la fin du film, il déclare « continuer sa route » et salue ses camarades et leur promet qu’ils se reverront : il n’est donc pas un syndicaliste de l’entreprise en question. Et d’ailleurs il apparaissait comme intervieweur dans d’autres industries, un peu avant, dans le film. Qui donc peut-être cet homme, alors ?

Réponse

La réponse se trouvait dans la Mémoire obstinée du même réalisateur, et qui est à mon avis de loin le film le plus intéressant de Guzmán, hormis La Bataille pour ses images d’archive. Allant retrouver cet ancien camarade d’université, qui devint directeur des Relations Industrielles sous l’Unité Populaire, puis professeur [ce qu’il est encore en 1996 lors du tournage du film], Ernesto, on le retrouve 20 ans plus tard, entre la vingtième et trentième minute du film, vieilli mais toujours aussi combatif !