Notes de second niveau de la 4ème partie et du prologue

  1. (I) Michel Foucault, dans Dits et Ecrits II, Paris, Gallimard, coll. Quarto, 2001, 925.
  2. El Mercurio, 13/09/1973, 3.
  3. Cette question sera évidemment réversible au retour de la démocratie. Parmi ceux qui ont été heureux du coup d’Etat, parmi les 57% des électeurs qui ont suivi la DC et le PN, qui tous deux espéraient un coup d’Etat, parmi ceux qui ont dénoncé, qui ont fermé les yeux sur les disparitions et les exactions, en se disant que ce sont des dommages inévitables d’une reprise en main après trois ans de chaos et d’anarchie violente, lesquels sont complices, quel degré de culpabilité leur incombe ?
  4. Prats 1973, 513.
  5. (II) C’est pour ça qu’il sera surnommé “El ladrillo”, le pavé.
  6. El Mercurio, 14/09/1973, 3.
  7. D’après les actes de la Junte du 13 septembre 1973, l’ex-bâtiment appelé UNCTAD III à sa création en 1972, et Gabriela Mistral entre la mi-1972 et septembre 1973, s’appellera désormais Palacio Diego Portales [Cristi 2000, 145].
  8. (III) Libre remodelage d’une phrase de Michel Foucault, [1970] « Folie, littérature et société », dans Dits et Ecrits, t. I, Paris, Gallimard, coll. Quarto, 2001, 973. Certes Foucault 2.0, après son tournant politique (« Vous m’avez demandé de ne pas vous poser de questions ayant trait à la littérature, à la linguistique ou à la sémiologie »*),  dira en 1975 que Sade l’« ennuie », qu’il est « un disciplinaire, un sergent du sexe, un agent-comptable des culs et de leurs équivalents » [Id., 1690 ; cité dans MARTY Eric, [2011] Pourquoi le XXe siècle a-t-il pris Sade au sérieux ?, Paris, Seuil, 133], alors nous aussi nous pouvons faire semblant d’admirer Michel Foucault puisqu’il est de bon ton actuellement de prendre place dans la longue procession de ses épigones ; mais on pensera dans quelque temps, comme beaucoup d’autres, d’ailleurs, lorsqu’une génération de penseurs voudra prendre la place de celle qui se taira poliment pendant qu’elle sera supplantée en même temps que ses idoles seront déboulonnées, que Foucault, comme beaucoup d’autres, d’ailleurs, n’était qu’un phraseur qui a plus apporté à la contorsion rhétorique qu’à quoi que ce soit. Et s’il vaut être de son côté plutôt que contre lui, on se dédiera, et puis c’est tout. [Note de fin de Juan ; les éditeurs ayant considéré que polémiquer sur la même page où se trouvent évoqués la détention et la torture, était indécent, nous changeons les règles dans la quatrième partie : autant dans la première les notes de fin étaient le dernier bastion de la réalité contre la fiction, autant ici ta sensibilité – donc le texte –  ne peut être titillée qu’hors texte.]
    * Aveu de G. Armleder, dans « Je perçois l’intolérable », interview donnée par Michel Foucault en juillet 1971 pour un journal suisse. Et la réponse du Français : « Mon intérêt s’est déplacé sur le problème des prisons, et cette nouvelle préoccupation s’est offerte à moi comme une véritable issue au regard de la lassitude** que j’éprouvais face à la chose littéraire » [Id.]
    ** Que les prisonniers se rassurent, eux aussi auront le privilège de lasser le philosophe, lorsqu’il décentrera une fois de plus ses préoccupations, pour s’intéresser à la sexualité ; enfin tout est lié. [Lorsqu’on écrit sur des gouffres, on peut bien se permettre des mises en abimes, non ? – Même auteur.]
  9. Le Kaïros est une notion grecque, mais Juan l’entend ici dans un sens machiavélien, qui est, dans l’art de gouverner, la faculté pour le dirigeant de saisir l’occasion, de flairer le moment opportun pour agir, d’être dans le tempo des évènements, et de les guider plutôt que de s’en remettre à la bonne (ou mauvaise) fortune. Si vous aussi rêvez de devenir dictateurs, relire au préalable le Prince, et, comme le conseille, sans les citer explicitement (là fut peut-être son erreur) Juan à Pinochet, plus particulièrement les chapitres XIX et XXV.
  10. (IV) Servons-nous aussi du témoignage d’Alain Touraine : on n’apprend rien par la télévision ou les rares journaux qui sont encore autorisés par la Junte, la radio qui est « obsédante, avec ses appels incessants à l’unité nationale et au respect de la hiérarchie » [Touraine 1973, 257], on sait qu’il y a eu quelques accrochages dans les usines, on sait que le Stade national sert de lieu de détention, « des témoins sérieux ont vu presque tous les jours des cadavres à la sortie sud-est de la ville » [Id., 258].
  11. Pour Jaime Guzmán, la DC est aussi coupable des problèmes du pays [Cristi 2000, 18], il est probable que Pinochet ait discuté avec lui.
  12. Jaime Guzmán, oui, dans un discours à Chacarillas du 9 janvier 1977 [rapporté par le Mercurio du 10, cf. Cristi 2000, 53] ; mais la dictature existait encore et lui-même n’avait pas participé à ces meurtres, deux facteurs qui facilitent ce genre de discours…
  13. Ceci est un pur mensonge de Juan…
  14. Scène immortalisée par le film de propagande le Triomphe de la volonté (Triumph des Willens) de Leni Riefenstahl.
  15. Dans la journée du 17, l’Amiral Merino, alors membre de la Junte en charge de l’économie, annonce dans une conférence de presse qu’un texte – se sera le Livre Blanc publié le 30 octobre 1973 – est en préparation montrant, à partir de documents retrouvés dans La Moneda ou dans une des maisons de Salvador Allende, celle de la rue Tomás Moro, qu’un plan de coup d’Etat violent avait été préparé par des secteurs de l’Unité Populaire, en date du 19 septembre et qui comprenait l’élimination des dirigeants de l’opposition, des militaires anti-gouvernementaux et d’autres civils, prélude à une vraie guerre civile. Juan a dû entendre cette information à la radio avant l’arrivée de ses hôtes malvenus.
  16. Paroles de l’hymne national.
  17. (V) Paris, Gallimard, coll. Folio, 1948, 481.
  18. MENTHON Pierre (de), [1979] Je témoigne : Québec 1967, Chili 1973, Paris, Les éditions du Cerf, 150 p.
  19. Attention cette note, ne sert que d’avertissement où je préviens les lecteurs que la prochaine note, la vraie, l’unique que me permet l’auteur dans tout le roman – et ce parce qu’on a considéré qu’il serait indécent de faire de la distanciation au milieu d’une partie si lourde, plombée par la torture et la détresse des militants de l’ex-Unité Populaire –, sera sans doute peu charitable. Si vous ne vous êtes pas encore fait insulter dans la première partie, ne la lisez pas, il y a peu de chance que vous passiez au travers des gouttes. Sinon, n’allez pas pleurnicher ensuite, je vous avais prévenu !
  20. Pour tout vous dire je suis en train de lire Vie et mort du Chili populaire d’Alain Touraine. Il est en train de l’écrire, ne l’a pas encore publié et il est impossible que je sois en train de le lire. Donc les amateurs de science-fiction pourront se dire que Marty et Doc passant par ici, je leur ai emprunté la DeLorean pour aller fin 1973 l’acheter dans une librairie parisienne (on me dira que j’aurais pu en profiter pour réaliser des choses plus importantes, comme tenter d’empêcher la Seconde Guerre Mondiale, mais bon…) et revenir ; ou les névrosés du réalisme pourront se dire que j’ai soudoyé un étudiant pour aller subtiliser pendant son absence et photocopier en douce le texte original du sociologue, afin de pouvoir le lire en temps réel. Dans un des cas c’est n’importe quoi, dans l’autre ce n’est pas bien de voler ; à vous de voir ce que vous préférez : croire des mensonges et avoir la conscience tranquille (je suppose que vous devez faire partie des gens qui ont gobé la version dessin animée de l’histoire du Chili avec la légende dorée de l’Unité Populaire et du Paradis socialiste détruits par les méchants fascistes) ou passer l’éponge sur cet emprunt qui me permettra d’ajouter du contenu à ce roman. Trêve de préambules, car le contenu est conséquent. < Ici, en 2018, se trouvera une analyse du livre d’Alain Touraine >.
  21. (VI) Cité dans Dupuy 2000, 156.
  22. Paris, Gallimard, coll. Folio, 1972, 356 / 362.
  23. (Prologue) Dans Anthologie de la poésie française du XXe siècle, Gallimard, nrf/poésie, 2000, vol.2, 144.
  24. Elvira Diaz, “Víctor Jara, n°2547”, diffusé par France 3 le 16 septembre 2013 à 23h25, visible aussi sur http://www.inthemood.fr/projet/victor-jara-no-2547/
  25. Dans Œuvres, Gallimard, coll. Quarto, 1995, 748.
  26. Michel Foucault, Préface suppressive d’Histoire de la folie, France, Gallimard, coll. Tel, 1972, 10.