[Il] est bizarre, des fois, il a toujours été un peu comme ça, même lorsqu’on était jeunes, mais son passage au Chili a accentué certains de ses traits, ou est-ce avec la maturité qu’il se révèle aussi enfantin qu’il rêvait de l’être plus jeune ?

Nunca nunca vida mía pienses eso
Que mi amor por ti de pronto ha terminado
Se podrá acabar el mundo más lo nuestro
Seguirá su rumbo ya trazado

Sortons de ce rapide repas baignant dans la musique sirupeuse de Buddy Richard, pris à une heure insolite, une seule phrase :

— Quelle bande de salopards ! Comme j’aimerais donner un coup de couteau dans le dos de cette aristocratie ouvrière ! — [lui] dis-je, excédé.

Phrase qui sert à vous apprendre donc, que les mineurs d’El Teniente – une des plus grandes mines du pays, aux travailleurs pourtant bien lotis, puisqu’étant cruciaux pour l’économie et loin de l’ignorer, ils ont su négocier de nombreux avantages, comme d’être payés en dollars et d’avoir des magasins bien approvisionnés – sont en grève. Menés par leurs syndicats à majorité démocrate chrétienne et largement poussés par le PDC et les Chiliens proches des EUA dans ce pays (qui finance une partie de la révolte).

Yo no quiero verte más la cara triste
Y al mirar tu rostro frio me da pena
Es tan cierto que mi amor te pertenece
Qué negarlo sería una condena

— L’échelle… Tu vois, il n’y a pas de solidarité entre ouvriers. Si vous créez votre régime socialiste vous finirez par être ligués tous les uns contre les autres, faute d’avoir un seul point de vue sur le monde, un seul intérêt général définissable, une seule échelle de valeurs, etc. et c’est seulement avec une main de fer que vous serez empêchés de vous entre-dévorer. Vous rêvez de chanter tous librement autour d’un grand plateau de cerises – c’est toujours Thomas Hobbes ou Carl Schmitt qui vous apporteront vos rations. [1. X §Angela Davis]

Ma Bande Sonore